Vladimir Alekseyevitch Kotchetkov
Correcteur : Hervé Dupuy
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AA : Archives d’Arolsen.
AAN : Archiwum Akt Nowych w Warszawie (Archives des actes nouveaux à Varsovie).
ACS : Archivio Centrale dello Stato (Archives centrales de l’État).
AD09 : Archives départementales de l’Ariège.
AD52 : Archives départementales de la Haute-Marne.
AD54 : Archives départementales de Meurthe-et-Moselle.
AD56 : Archives départementales du Morbihan.
AD62 : Archives départementales du Pas-de-Calais.
AD92 : Archives départementales des Hauts-de-Seine.
AD93 : Archives départementales de la Seine-Saint-Denis.
AD95 : Archives départementales du Val-d’Oise.
AICVAS : Associazione italiana combattenti volontari antifascisti di Spagna (Association italienne des combattants volontaires antifascistes d’Espagne).
AMS : United States Army map service (Service cartographique de l’armée des États-Unis).
AN : Archives nationales.
APPP : Archives de la préfecture de police (Paris).
ARESNCF : Archives de la région Est de la SNCF.
BI : Brigade internationale.
CC : Comité central.
CCPS : Comité central des prisonniers soviétiques en France.1
CCPGS : Comité central des prisonniers de guerre soviétiques en France.
CDMH : Centro documental de la memoria histórica, Salamanca (Centre documentaire de la mémoire historique, Salamanque).
CEIC : Comité exécutif de l’Internationale communiste.
CGT : Confédération générale du travail.
CMVSRF : Центральный музей Вооруженных сил Российской Федерации Министерства обороны Российской Федерации (Musée central des forces armées du ministère de la Défense de la Fédération de Russie).
CPC : Casellario Politico Centrale (Fichier central politique).
CPE : Compagnie de prestataires étrangers.
CTE : Compagnie de travailleurs espagnols.
CTE : Compagnie de travailleurs étrangers.
DACh : Държавен архив — Шумен (la branche de Choumen des Archives d’État de Bulgarie).
ERC : Escadron de reconnaissance de cavalerie.
FNL : Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France.
FTP (PGS) : Francs-tireurs et partisans (prisonniers de guerre soviétiques).
FTPF : Francs-tireurs et partisans français.
FFI : Forces françaises de l’intérieur.
GARF : Государственный архив Российской Федерации (Archives d’État de la Fédération de Russie).
GC : groupe de cavalerie.
GSGS : geographical section of the General Staff (section géographique de l’état-major).
IC : Internationale communiste.
ISP : Archivio dell’Istituto Storico Parri (Archives de l’Institut historique Parri).
JORF : Journal officiel de la République française. Lois et décrets.
Komsomol : Всесоюзный ленинский коммунистический союз молодежи (Union des jeunesses léninistes communistes de toute l’Union).
LHT : ligne à haute tension.
MOI : Main-d’œuvre immigrée.
MRN : Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne.
NA-UK : The National Archives (United Kingdom) (Archives nationales (Royaume-Uni)).
NA-US : National Archives (USA) (Archives nationales (États-Unis)).
NKVD : Народный комиссариат внутренних дел (Commissariat du peuple aux Affaires intérieures).
NMIU : Національний музей історії України у Другій світовій війні (Musée national de l’histoire de l’Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale).
OBDM : Обобщенный банк данных «Мемориал» (Banque de données généralisée Mémorial).
PCE : Parti communiste d’Espagne.
PCF : Parti communiste français.
PK : point kilométrique.
PSUC : Partido Socialista Unificado de Cataluña (Parti socialiste unifié de Catalogne).
RGASPI : Российский государственный архив социально-политической истории (Archives d’État d’histoire socio-politique de la Fédération de Russie).
d. : dossier.
f. : fonds.
l. : feuille.
ob : verso.
op. : boîte.
RM : Région militaire.
ROA : Русская освободительная армия (Armée de libération russe).
RP : Région de Paris.
RR : Régiment Régional.
SHD : Service historique de la Défense.
SOE : Special Operations Executive (Direction des opérations spéciales).
SRI : Secours rouge international.
TSF : Transmission sans fil.
TV : travail parmi les volontaires.
UAPS : Union des amis de la patrie soviétique.
UGT : Unión General de Trabajadores (Union générale des travailleurs).
UPR : Union des patriotes2 russes.
URR : Union de rapatriement russe en France.
VKP(b) : Всесоюзная коммунистическая партия (большевиков) (Parti communiste de toute l’Union (bolcheviks)).
VPP/ZP : военно-пересыльный пункт / запасной полк (camp militaire de transit / régiment de relève)
VPR : военный и политический руководитель (responsable militaire et politique).
ZSD : запасная стрелковая дивизия (division d’infanterie de relève).
ZSP : запасной стрелковый полк (régiment d’infanterie de relève).
Dans la seconde moitié des années 60, mon père écrivit un livre autobiographique J’irai jusqu’à toi, dans lequel il décrit la vie des émigrés russes à Paris en 1935-1936 et sa participation à la guerre civile espagnole, à la lutte antifasciste allemande et dans la Résistance française. Ce livre ne fut pas publié de son vivant.
À sa lecture, j’avais été frappé par le destin tragique d’Ivàn Troïan.
Mon père le rencontra en Espagne à l’automne 1938, après la démobilisation des Brigades internationales et le regroupement des anciens citoyens russes en attente de leur rapatriement. Ni la France ni l’URSS ne souhaitaient les accueillir. Finalement, le 7 février 1939, les autorités françaises autorisèrent ces derniers, ainsi que d’autres membres des Brigades internationales, à franchir la frontière française et les internèrent d’abord dans un camp près de Saint-Cyprien, puis au camp de Gurs. Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Troïan fut affecté à une compagnie de travailleurs étrangers, et mon père fut transféré au camp de Vernet. Puis, par une incroyable coïncidence, ils se retrouvèrent tous deux dans le même groupe de résistance, sélectionnés par Srul-Borukh (Boris) Matline (« Gaston Laroche ») pour servir d’instructeurs au Comité central du PCF. Mon père travaillait dans le nord, et Ivàn Troïan dans l’est de la France. Il leur arrivait parfois de s’apercevoir de loin dans une gare parisienne. La mort d’Ivàn Troïan fut un coup dur pour tous ses camarades. Personne ne sut où, quand et dans quelles circonstances elle survint. Et cela les tourmentait. Cependant, avec le temps, le souvenir s’estompa et s’estompa à tel point que lorsque mon père, Gueorguiy Chibanov et Nikolay Roller rencontrèrent « Gaston » à Moscou le 8 octobre 1960,3 aucun d’eux ne lui demanda de raconter les circonstances de la mort d’Ivàn Troïan.
Deux ans plus tard, en 1962, un recueil de souvenirs des résistants, Ce qui n’a pas été dit dans les communiqués4, fut publié, comprenant l’article de Vassiliy Taskine, « L’état-major des maquisards agit ». Dans cet article, Vassiliy Taskine écrivait qu’Ivàn Troïan avait été arrêté par la Gestapo à la mi-mai 1944 dans la ville de Thil (Meurthe-et-Moselle).5 En 1965, un livre fut publié dans lequel « Gaston Laroche », le supérieur immédiat d’Ivàn Troïan, réfutait cette version, écrivant qu’Ivàn Troïan « trouv[a] la mort au cours de son arrestation par les hitlériens ».6 En 1972, dans ses nouvelles mémoires, Vassiliy Taskine ne revint pas sur cette question.7
Le livre de « Gaston Laroche » étant peu connu en Union soviétique, la version de Vassiliy Taskine s’est imposée, reprise par des auteurs de tous horizons, chacun proposant sa propre version des événements de Thil. Plus Ivàn Troïan gagnait en notoriété, plus le personnage devenait légendaire mais cela brouillait sa biographie.
Ce livre a été écrit pour donner aux lecteurs l’opportunité de découvrir la vérité sur le héros de la Résistance Ivàn Troïan et ses camarades.
Ivàn Ivànovitch Troïan est né le 12 février 1901 à Taganrog8 de l’oblast de l’armée du Don de l’Empire Russe. Il était le troisième et dernier enfant d’Ivàn Stepanovitch Troïan et Elena Nikitovna, née Bandakova. Son père avait quitté le village très jeune et avait travaillé dans l’entrepôt de produits en fer du marchand Iltchenko, gagnant 30 roubles par mois. Son grand-père maternel, Nikita Ivànovitch Bandakov, coupait et sciait du bois pour des familles riches et balayait les rues de la ville. Leurs revenus permettaient de faire vivre une famille de sept personnes : son grand-père, sa grand-mère, son père, sa mère, ses deux sœurs et Ivàn lui-même. Un an après la naissance d’Ivàn, son père, âgé de 27 ans, et sa deuxième sœur décédèrent.
Elena Nikitovna n’avait jamais été scolarisée. Ses proches lui avaient appris à lire et à écrire. Après le décès de son mari, elle gagna sa vie en lavant du linge et en faisant le ménage. Elle vivait avec ses deux enfants, Maria et Ivàn, chez ses parents. C’est sa mère qui s’occupait de ses deux enfants. Plus tard, Elena Nikitovna apprit à coudre, acheta une machine à coudre à crédit et commença à travailler à domicile.
Le quotidien du jeune Ivàn se déroulait simplement : sa mère et sa sœur cousaient toute la journée, sa grand-mère s’affairait à la cuisine, et lui, il jouait, fabriquait de nouveaux jouets ou s’amusait dehors avec d’autres garçons. Et chaque soir, il attendait le retour de son grand-père parce que celui-ci, tout en préparant ses outils pour le lendemain, lui racontait des histoires.
Durant la révolution de 1905, Elena Nikitovna alla aux réunions ouvrières. Lorsque son frère, Ivàn Nikititch Bandakov, fut arrêté et détenu à Taganrog pendant un an dans l’attente de son procès, elle servit de liaison entre les révolutionnaires emprisonnés et leurs camarades à l’extérieur. Ivàn Nikititch purgea sa peine dans le gouvernement d’Astrakhan, puis il fut exilé vers le gouvernement d’Orenbourg. Il s’y maria et s’y installa. Entre 1908 et 1909, il accueillit ses parents, grand-père et grand-mère d’Ivàn.
En 1909, Ivàn Troïan entra à la 2e école technique paroissiale de Gogol où l’éducation était gratuite. À cette époque, Elena Nikitovna travaillait pour Dimitriy et Varvara Luchtchevskiy, qui aimaient beaucoup Ivàn. Dimitriy Luchtchevskiy, fonctionnaire retraité et sans enfant, décida d’envoyer Ivàn au lycée. Ivàn alla chez un tuteur pendant un an et, en 1911, il réussit les examens d’entrée en première année au lycée technique de Taganrog (cycle de huit ans). Dimitri Luchtchevskiy payait chaque année les frais de scolarité, les manuels scolaires et les uniformes. Ivàn était très studieux, même si cela lui demandait beaucoup d’efforts : les cours à l’école duraient de 8h à 17h et il y avait beaucoup de devoirs.
En 1912, Elena Nikitovna épousa Serguey Petrovitch Romanenko, employé au bureau de paie d’une aciérie où il percevait 75 roubles par mois. Puis Romanenko S. P. fut comptable adjoint dans une banque où il gagnait cent roubles par mois.
Pendant les vacances d’été de 1916, Ivàn travailla comme dessinateur au Chantier naval russo-baltique. À l’été 1917, il travailla comme tourneur dans l’Atelier militaro-industriel. À l’été 1918, il gagna de l’argent en donnant des cours particuliers.9
Le 8 novembre 1917 arriva à Taganrog la nouvelle des évènements qui s’étaient déroulés à Pétrograd la veille.10 À partir du 24 novembre, la loi martiale est instaurée dans la ville sur ordre de l’ataman11 du Don Kaledine. Le 28 novembre, la 3e école de Kiev pour la formation des sous-officiers d’infanterie arriva sur place et prit en charge la protection des principales installations. Le général Nazarov, arrivé avec une centaine de Cosaques, devint le chef de la garnison. Les socialistes révolutionnaires remportaient les élections à l’Assemblée constituante du 2 au 4 décembre.12 En décembre, le colonel Kutepov devint chef de la garnison et le bataillon d’officiers de l’Armée des volontaires13 lui fut subordonné.14
En novembre, l’ataman Kaledine nomma le général Pototskiy commandant du district de Rostov.15 Le 7 décembre, des navires de la flotte de la mer Noire arrivèrent à Rostov16. Le 9 décembre, les bolcheviks de Rostov proclamèrent l’instauration du pouvoir soviétique dans la région de Rostov. Après six jours de combats les officiers et les cadets de l’Armée des volontaires avec les unités cosaques battaient les Gardes rouges17 et les marins de la mer Noire.18 Le correspondant du Times à Pétrograd télégraphia le 19 décembre que « les bolcheviks et les gardes rouges [avaient eu] 800 morts et 1000 blessés. Les chefs bolcheviks s’enfuirent à bord des navires de guerre de la mer Noire. Ces navires tentèrent de sortir du canal, mais le croiseur [l’yacht] Kolk[h]ida19 s’échoua et fut empêché d’atteindre la haute mer par l’artillerie cosaque. [...] Suivant un télégramme reçu par la Fédération des cheminots, les cosaques [avaient] exercé de terribles représailles contre les bolcheviks, les perçant avec leur lance et les jetant, dans le Don. »20
Le 27 janvier 1918, un soulèvement des Gardes rouges éclata à Taganrog, anéantissant un peloton de cadets qui gardait la distillerie. Un autre peloton de cadets combattit dans la gare. Le soir du 29 janvier, la 1re compagnie d’officiers, envoyée par le colonel Kutepov depuis Neklinovka, se fraya un chemin à travers les voies ferrées. Le lendemain matin, ils abandonnèrent la gare et se replièrent sur la ligne Martsevo–Bessergenovka. Au cours des trois jours de combats, plus de 300 officiers et cadets furent tués.21
Le 12 février 1918, la République soviétique de Donetsk–Krivoï Rog fut proclamée à Kharkov, incluant Taganrog.22
Le 10 février, la nouvelle d’une mutinerie au sein des régiments cosaques du Don éclata. Le lendemain, l’ataman Kaledine se suicida par arme à feu. Acculée, l’Armée des volontaires abandonna Rostov le 22 février.23
Le gouvernement bolchevique de la République populaire ukrainienne des Soviets, évacué d’Ekaterinoslav, résida brièvement à Taganrog. Il fut dissous le 20 avril.24
Le 1er mai, les troupes allemandes occupèrent Taganrog.25 Le 4 mai, le détachement de volontaires de Drozdovskiy passa au nord de la ville et attaqua Rostov la même nuit.26 Le 8 mai, les troupes allemandes occupèrent Rostov.27
Du 8 au 10 juin, plus de 6 000 soldats de l’Armée rouge débarquèrent à environ 20 km à l’ouest de Taganrog. Environ 3 000 d’entre eux périrent dans les combats, qui se poursuivirent jusqu’au 14 juin. Les Allemands exécutèrent tous les soldats capturés.28
Le 3 novembre, l’Autriche-Hongrie signa un armistice avec l’Entente. Le 11 novembre, l’Allemagne fit de même.29 Les troupes austro-hongroises furent les premières à quitter l’ancien Empire russe. Les Allemands y déployèrent leurs unités. En conséquence, ils retirèrent leurs garnisons de Rostov et de Taganrog remplacées par des unités de l’armée du Don de l’ataman Krasnov. Le 4 décembre, le quartier général allemand quitta Rostov.30 À ce moment-là, les Cosaques du Don occupaient déjà Marioupol, Yuzovka, Debaltsevo et Louhansk. Ils furent bientôt pressés par l’Armée rouge. Dès le 1er janvier 1919, des unités de l’Armée des volontaires du général Dénikine commencèrent à arriver sur le front pour prêter main-forte aux Cosaques. Malgré leurs efforts, à la mi-mars, l’Armée rouge s’empara de Louhansk, Debaltsevo, Melitopol et Berdiansk. Puis tombèrent à leur tour : le 22 mars, Yuzovka, le 29 mars, Marioupol, et le 16 mai, la gare de Kouteinikovo, à environ 90 km de Taganrog. Le 5 mai, les Blancs parvinrent à reprendre Louhansk, mais la perdirent de nouveau le 15 mai.31 La menace qui pesait sur Rostov et Taganrog ne cessait de croître.
[...]32
En 1919, les cours dans tous les lycées de Taganrog s’achevèrent prématurément, début mars, et Ivàn, qui rêvait de devenir ingénieur métallurgiste, commença à travailler dans l’atelier de fours Martin d’une usine métallurgique. Fin mai 1919, déjà aide-fondeur, il s’engagea, comme beaucoup d’autres étudiants, dans l’Armée blanche. Des affiches proclamant : « Votre place est au front ! » étaient placardées partout dans la ville. On leur avait appris à l’école que les Blancs défendaient la volonté du peuple, que la Révolution de février avait apporté la liberté à la Russie et que les partisans de Lénine, en orchestrant un coup d’État, avaient trahi la révolution. Pourtant, le peuple aspirait à un gouvernement stable et au retour de son tsar. Ivàn voulait défendre sa patrie et les libertés du peuple. Il était certain que son oncle, Ivàn Nikititch Bandakov, avait lutté autrefois pour la même cause. Avec deux de ses camarades, il fut affecté au train blindé lourd Ioann Kalita de la 2e division de trains blindés. Ivàn fut affecté à un groupe de mitrailleuses. Le 9 juin, ils partaient pour le front.33
[...]34
L’avancée de l’Armée blanche entre le 21 mai et le 13 octobre 1919 est représentée en rouge.35 Les déplacements d’Ivàn Troïan pendant la guerre civile sont représentés en bleu. Les points indiquent les segments des voies ferrées où le train blindé lourd Ioann Kalita opéra : 1 — entre Pologui et Alexandrovsk, 3 — en direction de Poltava, 4 — entre Koursk et Orel. Sont également indiquées : 2 — Tsaritsyne, 5 — Belgorod, 6 — Kharkov, 7 — Izioum, 8 — Taganrog, 9 — Rostov, 10 — l’oblast du Kouban et 11 — Sébastopol. Un extrait d’une carte de Russie du Larousse universel, 1922.
Durant son service, le train blindé participa à des opérations de combat sur les fronts suivants : de Pologui à Alexandrovsk36, dans la direction d’Ekaterinoslav37, puis, après un passage en réserve à Tsaritsyne38, dans la direction de Poltava, ensuite dans celle de Koursk – Orel, et enfin de retour par le même itinéraire : Orel – Koursk – Belgorod – Kharkov – Izioum – Martsevo (près de Taganrog) – Rostov. Le train blindé lourd Ioann Kalita était armé de canons de 107 mm et de 127 mm et tirait à longue distance, si bien qu’Ivàn ne voyait pas leurs effets. Lorsque l’Armée rouge occupa Rostov et que la Garde blanche39 se replia en Crimée et dans une partie du Caucase du Nord, le train blindé fut envoyé protéger les voies ferrées à l’arrière, dans l’oblast du Kouban. Le 26 mars 1920, lorsque l’Armée rouge occupa le Caucase du Nord, Ivàn Troïan fut évacué de Novorossiïsk vers la Crimée dans le cadre du premier corps et, après un mois de repos à Sébastopol, fut enrôlé comme marin sur le navire Rostislav.40 Il y suivit un cours d’aspirant de marine, passa un mois sur un petit navire de dépêches, puis retourna au Rostislav.41
[...]42
Le 12 novembre 1920, à 14 h, le croiseur français Waldeck Rousseau, escorté par un torpilleur, arriva à Sébastopol en provenance de Constantinople. Tard dans la soirée, Alexandre Krivocheïn, président du gouvernement du Sud de la Russie, quitta Sébastopol pour Constantinople à bord du croiseur britannique Centaur. Le lendemain, des militaires et civils commencèrent à embarquer sur les navires de la Flotte blanche. Le 14 novembre, les navires militaires et marchands, ainsi que tout ce qui pouvait flotter, quittèrent Sébastopol. Le général Wrangel se trouvait à bord du croiseur Général Kornilov. Le 15 novembre, ils arrivèrent à Yalta. Avec les navires amarrés à Yalta, ils partirent pour Théodosie, où ils arrivèrent le 16 novembre. Avec les navires arrivant de Kertch, ils prirent la mer vers 16 h le même jour, cap sur Constantinople. Au total, 145 693 personnes, sans compter les équipages, furent évacuées à bord de 126 navires. Le croiseur français Waldeck Rousseau, escorté par un torpilleur, les accompagna de Sébastopol à Théodosie, d’où, après avoir tiré une salve d’honneur, ils appareillèrent pour une destination inconnue. La France prit sous sa protection toutes les personnes évacuées de Crimée. Pour subvenir aux frais de leur entretien, le gouvernement français acceptait en gage le tonnage russe.43
Le navire transportant Ivàn Troïan arriva au port d’Ereğli, puis à Constantinople44, et enfin, le 15 décembre 1920, au port de Bakar, en Croatie. Sur ordre du gouvernement yougoslave, environ 300 marins russes émigrés de ce convoi établirent une colonie à Nova Gradiška, en Croatie. Ivàn Troïan faisait partie du groupe installé à Novska, en Croatie. Pendant deux mois, comme les autres, il resta sans emploi et perçut des aides sociales. En février 1921, il trouva du travail chez un prêtre orthodoxe à Jasenovac, en Croatie. Il travaillait comme balayeur, nettoyait l’église et travaillait aussi dans les champs, jusqu’en juillet.
Il s’installa ensuite à Ljubljana, où il travailla comme dessinateur à l’usine Zvonkar. Le 1er septembre, il démissionna et s’inscrivit aux cours du soir créés par Berger à l’Université de Ljubljana, qui formaient des contremaîtres et des géomètres miniers. Il étudia au département de géométrie minière, recevant, comme tous les autres étudiants, une bourse d’État. En octobre, il s’inscrivit au département des mines de la faculté technique de l’Université de Ljubljana, mais ne se désinscrivit pas du cours de géomètre minier. En 1922, il réussit l’examen d’État et obtint son certificat de géomètre minier. Il poursuivit ses études à l’université, mais comme il devenait de plus en plus difficile de vivre uniquement de sa bourse, début 1923, il commença à travailler comme dessinateur, d’abord quatre heures par jour à temps partiel, puis huit heures par jour pendant l’été. En juillet 1923, des difficultés politiques et financières contraignirent Ivàn Troïan à quitter l’université, un coup dur. Il partit pour Zagreb, en Croatie, y vécut un mois, dépensa toutes ses économies, mais ne parvint pas à y trouver de travail. Ayant appris début septembre que les Russes construisaient une voie ferrée reliant Ormož à Ljutomer, près de Maribor, en Slovénie, il s’y rendit à pied et, pendant huit jours, se nourrit de pommes, de poires et de prunes poussant le long de la route.
Le 9 septembre, il commença à travailler sur un chantier de construction ferroviaire mené par des unités cosaques militaires. Sa solde était insuffisante pour se loger et se nourrir. Heureusement, arriva un jeune ingénieur des mines, qu’il avait connu lors de leurs études. Il proposa à Ivàn de travailler deux mois comme géomètre dans deux petites mines de charbon à Ključarovci et Ivanjkovci, près de Ormož, pour un salaire de 1 500 dinars, une somme conséquente. Mais cela ne lui permit que d’acheter un costume civil et de rembourser une dette. Ivàn Troïan trouva du travail sur un autre chantier, mais lorsque, en septembre-octobre 1924, des Cosaques commencèrent à construire un pont en béton sur la Tisa45 à Titel (Voïvodine, Serbie), il fut ravi, étant désargenté, de pouvoir se joindre à eux. Après un mois à Titel, lui et plusieurs autres camarades cosaques apprirent qu’un emploi était disponible dans une sucrerie à Veliki-Bečkerek. Ivàn y travailla comme manutentionnaire jusqu’en juillet 1925, rémunéré à la pièce. À cette époque, des rumeurs commencèrent à circuler parmi les émigrés russes concernant les perspectives de gains importants en France. Ivàn décida alors de chercher du travail en France et d’y poursuivre ses études.
Par l’intermédiaire de la société par actions d’émigrés Technopomostek, il obtint un contrat d’un an à l’usine Halbergerhütte46 à Brebach47 près de Sarrebruck et s’installa à Saargebiet48 en juillet 1925. Un an plus tard, il partit pour Lyon, où il travailla un mois comme opérateur de four de trempe de fil dans une fabrique de parapluies, puis trouva un emploi mieux rémunéré à la gare de Saint-Germain49. Cependant, au bout de deux semaines, il fut licencié faute de carte d’identité française. Il travailla alors trois semaines à la gare d’Ambérieu50, qui employait des étrangers sans papiers. Ils étaient nourris, logés et recevaient 10 francs par jour. La direction fit une demande auprès du gouvernement pour obtenir des cartes d’identité. Après trois semaines de travail dans ces conditions qu’il jugeait indignes, il retourna à Brebach.
À Brebach, à l’usine Halbergerhütte, il retrouva immédiatement son ancienne fonction de conducteur de chargeuse à l’entrepôt et une place au foyer collectif. Il resta à Brebach jusqu’en juin 1930. À partir de mai 1930, l’usine Halbergerhütte fut à l’arrêt en raison de la crise économique, et Ivàn, sans emploi, bénéficia d’une aide financière sous forme de bons. Le 20 juin 1930, un fonctionnaire de l’usine de Hagondange, en Moselle, leur rendit visite, et Ivàn, accompagné d’un groupe de Russes, partit pour Hagondange afin d’y travailler dans le cadre d’un contrat d’un an.
À l’usine de Hagondange, il trouvait un emploi de graisseur de machines à la centrale au gaz et un appartement dans le foyer collectif.
En 1931, il devint membre du club d’échecs de Rombas.
En 1932, il demanda l’amnistie et le droit de retourner dans son pays d’origine, mais sa demande fut rejetée en 1933.51
En 1935, il adhéra à l’Union de rapatriement russe (URR), où il était membre du bureau de la section Algrange – Hayange – Uckange – Amnéville et de son comité régional. À partir de décembre 1935, il fut membre du SRI. En 1936, il devint membre de la CGT et du PCF (cellule Amnéville – Rombas).52
L’usine de Hagondange employait quatre mille ouvriers. Le salaire d’Ivàn Troïan était de 28 francs.53 En juillet 1936, il fut renvoyé à la demande du centre fasciste russe de Lorraine à Nilvange. Trois semaines plus tard, il trouva un emploi de mécanicien dans l’atelier de scierie d’une aciérie à Rombas. Jusqu’en juillet 1936, il vécut dans un foyer collectif à Silvange, puis de juillet à septembre à Amnéville, et enfin en septembre et octobre à Rombas. Après le déclenchement de la guerre civile espagnole, il s’adressa à l’Union de rapatriement, demandant à être envoyé en Espagne.54 Le PCF ne put pas l’aider à faire aboutir cette demande.55
Le 6 novembre 1936, le préfet de la Moselle proposa au ministre de l’Intérieur de « prendre un arrêté d’expulsion contre le nommé Trojan Jean [Ivàn Troïan] », qui avait récemment quitté Knutange « pour s’engager dans les milices gouvernementales espagnoles ». Le 13 novembre 1936, le contrôleur général des Services de police administrative écrivit au directeur de la Police du territoire et des étrangers qu’il « ne v[oyait] aucun inconvénient à ce que les réfugiés russes animateurs de ce groupement [l’URR] et notamment Trojan (Jean) [Ivàn Troïan], Smolnik (Paul) [Pavel Smolnik], Dmitrieff (Basile) [Vassiliy Dmitriyev] et Schukowski (Alphonse) [Alphonse Choukovskiy], cités dans votre dossier, fassent l’objet de telle mesure que vous jugerez opportune, si rien par ailleurs ne s’y oppose et sous réserve d’un avis favorable du Département des Affaires Étrangères ». À son avis, l’URR fonctionnait d’après les directives de l’Ambassade de l’URSS à Paris.56
L’URR fut fondée en novembre 1924 et enregistrée le 16 janvier 1925. Son but officiel était de « faciliter l’union des anciens citoyens de l’ex-empire russe ayant perdu leur nationalité par suite du changement de gouvernement de leur pays, leur retour dans leur patrie », devenu possible par l’établissement de relations diplomatiques entre la France et l’URSS.
En 1936, selon les rapports de police, l’URR reçut les instructions suivantes :
« 1° Le gouvernement soviétique ne veut à aucun prix du retour des émigrés russes en URSS.
2° Mais l’Union doit intensifier sa propagande pour entraîner dans ses rangs la masse d’émigrés russes.
3° Pour cela, elle doit organiser des formations auxiliaires comme « l’Union des Défensistes Russes »[,] « Les Amis de l’URSS », etc....
4° L’Union est réorganisée au sein de la section russe du MO[I] en France et son secrétaire général Larine est nommé président de cette section.
5° Les membres de l’Union doivent entrer dans les [forma]tions locales du Parti Communiste Français et prendre part à l’activité révolutionnaire. »
Le 14 mars 1937, lors d’une assemblée générale de l’URR à Paris, elle était rebaptisée l’Union des Amis de la Patrie Soviétique (UAPS). Le 16 avril, elle était enregistrée auprès de la préfecture de police. Son but était de « faire connaître à ses membres la structure économique et culturelle de l’URSS et les assister en ce qui concerne leur naturalisation soviétique ». Le 26 septembre 1939, elle était dissoute avec d’autres organisations communistes.57
Le 25 juillet 1936, la colonne Carlos Marx, organisée par la direction de l’UGT58 et du PSUC59, partit de Barcelone pour le front d’Aragon. Elle était commandée par José del Barrio60, secrétaire de l’UGT et l’un des fondateurs du PSUC. Le commissaire était Manuel Trueba61, fondateur du Parti communiste catalan et dirigeant du syndicat de l’hôtellerie. La colonne comptait 800 hommes, dont le groupe Thälmann, composé de 25 germanophones. Le 29 juillet, la colonne s’installa à Tardienta.62 La 1re centurie (compagnie), qui comprenait le groupe Thälmann, fut initialement stationnée à Torralba, à environ 6 km au sud de Tardienta, puis, à partir du 18 août, près de l’Ermita de Santa Quiteria, au sommet d’une colline de 150 mètres de haut, à environ 4 km à l’ouest de Tardienta.63
Peu après, les membres du groupe Thälmann reçurent une lettre de Hans Beimler et d’autres dirigeants de la centurie Thälmann en cours de formation à Barcelone, les invitant à les rejoindre. Ils déclinèrent l’offre, estimant que la constitution de leur centurie, composée principalement d’Espagnols avec lesquels ils entretenaient de bonnes relations, n’était pas encore achevée.64 Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, la colonne Carlos Marx fut transportée par camion jusqu’à Huesca. Après avoir parcouru 4 kilomètres, elle atteignit Lascasas. Sous le feu des mitrailleuses ennemies, elle progressa jusqu’à Pompenillo, où son attaque fut stoppée.65
La centurie Thälmann germanophone quitta Barcelone le 30 août. Elle était commandée par Hermann Geissen. À Tardienta, elle fut placée en réserve, en deuxième ligne de défense, à 300 mètres derrière la première ligne, qui longeait le canal inachevé. Dix jours plus tard, elle fut envoyée à Huesca, où elle prit position à l’arrière, dans la forêt de Pompenillo, à 800 mètres derrière la ligne de front. Elle y resta trois semaines. Le 6 octobre, elle releva la centurie stationnée au front. Le 17 octobre, à 5 h du matin, elle fut chargée sur des camions et déposée à 4 km d’Alcubierre, sur la route de Leciñena. Le soir du 18 octobre, elle fut transférée à Tardienta, où les combats avaient déjà commencé. L’ennemi était parvenu à s’emparer des hauteurs dominant Tardienta, près de la chapelle Santa Quiteria. Il pilonnait la ville sans relâche avec son artillerie et la bombardait par voie aérienne. Trois jours plus tard, survint une accalmie. Dans la nuit du 23 au 24 octobre, la centurie participa à un assaut frontal sur cette hauteur et, ayant perdu la moitié de ses hommes (tués et blessés), atteignit la chapelle. Cependant, faute de renforts, elle fut contrainte de battre en retraite le soir suivant. Le 25 octobre, elle fut transportée à Barcelone pour se réorganiser. Sur les 125 combattants présents le 5 octobre, seuls 67 étaient encore en état de combattre. Le 28 octobre, ce nombre était passé à 78 grâce à l’arrivée de renforts.66
[...]
Le groupe, qui comprenait Ivàn Troïan, arriva à Figueres le 2867 ou le 2968 octobre 1936. Deux jours plus tard, il fut envoyé à Barcelone et intégré à la centurie Thälmann. Le même jour, la centurie partit pour Albacete, au centre de formation des Brigades internationales (BI) où elle devint le bataillon Thälmann.69
[...]
Comme Ivàn Troïan connaissait bien les mitrailleuses Maxim et Lewis, il fut affecté à la compagnie de mitrailleuses du bataillon Thälmann en tant que pointeur de mitrailleuse. Le 10 novembre 1936, lui et ses compagnons partirent pour le front au sein de la 12e BI nouvellement formée. Le 12 novembre, leur bataillon connut son baptême du feu lors de l’assaut du Cerro de los Ángeles, durant lequel Ivàn Troïan commandait une équipe de mitrailleuse.70
Fin novembre – début décembre 1936, le bataillon Thälmann était transféré de la 12e BI à la 11e.71
Le 1er janvier 1937, Ivàn Troïan fut de nouveau affecté comme pointeur de mitrailleuse. Le 12 janvier, il fut nommé instructeur de mitrailleuses. Entre le 20 et le 25 janvier, il fut promu sergent. Sur le front de Jarama, il occupa la fonction de responsable des munitions du bataillon. Du 14 au 25 juin, il fut en permission à Benissa. Du 20 au 26 juillet, sur le front de Brunete, il fut promu adjudant. Le 26 août, il rédigea une autobiographie détaillée en allemand, dont une copie dactylographiée fut conservée dans son dossier. Le 18 septembre, il fut promu lieutenant.72
Le 3 décembre, Ivàn Troïan rédigea une autobiographie plus détaillée, précisant que sa mère et son oncle, Ivàn Nikititch Bandakov, avaient participé à la révolution de 1905. Il expliqua son engagement dans l’Armée blanche par un manque de conscience politique et de classe, hérité de la petite bourgeoisie de la famille de son beau-père et de son milieu scolaire, celui du capitaliste. Il évoqua également le fait qu’il n’avait pas lu de journaux avant l’âge de 18 ans. Il avait été aussi influencé par la propagande scolaire, qu’il qualifiait de trahison. En mettant le mot « librement » entre guillemets, il souligna qu’il ne s’était pas engagé volontairement. Il ajouta que, le train blindé Ioann Kalita étant équipé de canons de 107 et 127 mm et tirant à longue distance, il ne pouvait pas voir qui était touché.73 Ainsi, le volontaire, puis mitrailleur expert durant la guerre civile se présentait comme un participant involontaire, qui n’aurait joué pratiquement aucun rôle. Cette autobiographie, comme la précédente, du 26 août, était rédigée en allemand. On peut supposer qu’elle était adressée au service des cadres ou au comité du Parti de la 11e BI.
Le 5 avril 1938, il fut muté au fonction de chef de l’approvisionnement en armes et munitions de la 11e brigade, où il resta jusqu’au 21 septembre 1938, date à laquelle les volontaires étrangers furent retirés des fronts de la République espagnole.74
Ivàn Troïan participa aux batailles de Madrid, Jarama (hiver 1937), Guadalajara (printemps 1937), Aragon (été-automne 1937), Teruel (hiver 1938), de nouveau Aragon (printemps 1938) et de l’Èbre (été-automne 1938). Il ne fut pas blessé.75
Dans les questionnaires de vérification des cadres Ivàn Troïan était décrit comme un bon officier qui se souciait de son travail, avait un esprit de camaraderie et une bonne connaissance de l’espagnol, bien qu’il fût politiquement inactif.76
Le 21 septembre 1938, le Premier ministre espagnol Juan Negrín annonça lors d’une réunion de l’Assemblée de la Société des Nations à Genève que le gouvernement espagnol avait décidé du retrait immédiat et complet du front de tous les volontaires étrangers combattant dans l’armée républicaine.77
Les Brigades internationales furent retirées du front catalan et de l’arrière et envoyées vers les camps de démobilisation suivants (rebaptisés centres par la suite) : la 129e à Campdevànol (camp n° 1), la 15e à Ripoll (n° 2), la 11e à Bisaura de Ter (n° 4), la 12e à Torelló (n° 5), la 13e à San Pedro de Torelló (n° 6) et la 14e à Calella (n° 8). Les membres de Brigades internationales furent rapidement regroupés selon leur nationalité. La Commission internationale pour le contrôle du retrait des volontaires devait visiter ces camps les 2, 3, 4, 6 et 7 novembre.78
Ivàn Troïan, membre de la 11e BI, devait se trouver au camp n° 4 à Bisaura de Ter en septembre. De là, il fut transféré au camp n° 6 à San Pedro de Torelló, où il perçut sa solde d’octobre et de novembre,79 puis au camp n° 8 à Calella, où il reçut celle de décembre.80 Face à la chute imminente de Barcelone, le camp n° 8 fut fermé le 18 janvier 1939.81 Ivàn Troïan et d’autres apatrides originaires de l’ancien Empire russe furent transférés à Palafrugell.82
Le 12 octobre 1938, Ivàn Troïan rédigea une autobiographie en russe. Contrairement à celle du 26 août 1937, elle ne faisait aucune mention de la propagande subie à l’école, de son service dans une unité de mitrailleuses du train blindé Ioann Kalita, de son adhésion au PCF, ni de la personne qui l’avait autorisé à partir en Espagne. Il expliqua son engagement dans l’Armée blanche par son inculture politique, n’ayant de temps que pour ses études. Il évoqua également son oncle, avec lequel il avait perdu le contact, et qui, lui aussi, luttait pour les libertés populaires.
Le rapatriement des citoyens français et des étrangers résidant légalement en France commença quelques jours après la confirmation de leur démobilisation par la Commission internationale pour le contrôle du retrait des volontaires. Le 13 novembre 1938, un premier groupe de 815 personnes fut accueilli sur le quai de la gare d’Austerlitz à Paris par des membres du Comité central du PCF et du groupe parlementaire communiste, ainsi que par des représentants du Front populaire et de l’Ambassade d’Espagne. Le train arriva à 9h40, avec 40 minutes de retard. Une foule immense de Parisiens, rassemblée aux abords de la gare, accueillit les volontaires par des applaudissements et des bravos. À 18h40, le même jour, 238 autres volontaires français arrivèrent à la même gare. Parmi eux, 88 résidaient à Paris et en région parisienne, et les 150 autres étaient originaires de l’est de la France.83
Le Comité du Parti de la 11e BI nota, dans son évaluation d’Ivàn Troïan en date du 13 novembre, qu’il attendait son rapatriement, qu’il avait parfaitement rempli ses fonctions de lieutenant et d’officier des munitions, qu’il avait participé aux travaux du comité du Parti, qu’il était exemplaire d’intégrité, qu’il était très respecté dans toute la brigade, qu’il était discipliné, sérieux et courageux, et le recommanda au Comité central du Parti communiste d’Espagne comme un bon membre du Parti ayant besoin d’aide et de conseils politiques. Parmi ses défauts, il était noté qu’Ivàn Troïan était trop orgueilleux et n’avait pas compris que la discipline devait être de fer.84 Des formulaires similaires étaient remplis pour les membres des Brigades internationales quittant l’Espagne, considérés comme des cadres prometteurs du parti. Ils ne constituaient pas des recommandations pour adhérer au Parti communiste.
Ivàn Troïan attendait vraisemblablement l’autorisation des autorités françaises pour rentrer en France. Il ignorait, bien sûr, que les autorités françaises discutaient déjà de son expulsion dès novembre 1936.85
Le 21 novembre 1938, Ivàn Troïan remplit en Barcelone un questionnaire biographique pour les militants souhaitant rejoindre le parti communiste espagnol. Il y indiquait notamment qu’il était mécanicien et spécialiste des moteurs ; de nationalité ukrainienne ; qu’il s’intéressait au mouvement ouvrier depuis 1927-1928 ; qu’il s’était occupé du travail culturel comme instructeur du marxisme-léninisme-stalinisme au sein du PCF ; qu’il avait participé aux mouvements ouvriers (grèves et manifestations) de juillet 1936 en France ; qu’en 1935-1936, il avait suivi des cours de marxisme-léninisme-stalinisme [à l’URR] ; qu’il lisait les journaux Pravda, Izvestia et L’Humanité ; qu’il avait lu des ouvrages de Staline, Lénine et Wolin ; qu’il parlait russe, allemand, serbe, français et espagnol et qu’il pouvait écrire en russe, en allemand et en serbe ; et qu’il avait réalisé des traductions à partir de ces langues, qu’il avait écrit dans les journaux du front [en Espagne] ; qu’A[dolf] Müller avait soumis sa demande d’adhésion au Parti ; qu’à son arrivée en Espagne, il avait rejoint la [cellule] du Parti communiste sur la suggestion du commissariat ; qu’il entretenait des relations amicales avec A[dolf] Müller, Gustav [Sz]inda et Willi Bredel et que sa déclaration pouvait être confirmée par Gustav [Sz]inda, Adolf Reiner, Ernst Blank et Willi Bredel.86
[...]87
[...]88
[...]
En juillet 1938, Ivàn Troïan perçut un salaire de 443,33 pesetas et une prime de 437,10 pesetas. Avec un tel salaire, le PCE exigeait de lui une cotisation mensuelle de 5 pesetas, une somme dérisoire pour lui.89
[...]
Les émigrés russes, membres des Brigades internationales, demandèrent au moins 52 fois une carte du PCE, valable un an. L’un d’eux, Ivàn Sakhartchuk, le fit à deux reprises, en 1937 et 1938. Le diagramme D7.3 montre que le nombre de formulaires remplis culmina en mai 1938 et cessa quasiment cinq mois plus tard. Un nouveau pic fut observé en novembre, au début des rapatriements. Le 21 novembre, en même temps qu’Ivàn Troïan, Abraham Gelman, futur prisonnier des camps de Gurs et du Vernet, arrivé en Espagne depuis Paris, remplit une demande de carte du PCE. Cinq autres de leurs camarades, originaires de l’Empire russe, rejoignirent le PCE par la suite. Eux aussi étaient venus de France en Espagne.90 Sachant qu’il y eut environ 635 émigrés russes dans les Brigades internationales,91 cela représente environ 8 % d’entre eux qui adhérèrent au PCE.
Abraham Gelman est né le 5 septembre 1902 à Proskurov92. En octobre 1920, il émigra en Palestine où il travailla dans les carrières. En juin 1931, il arriva en France muni d’un visa de transit pour l’Amérique et s’installa à Paris. En 1932, il adhéra au PCF. Pendant trois ans, il fut secrétaire du groupe PCF de langue juive du 11e rayon de Paris. Il participa à trois grèves des gantiers parisiens. Le 11 juillet 1932, il était arrêté pour possession d’une presse révolutionnaire et séjour illégal en France, ce qui entraîna son expulsion. En 1935, il rencontra Blima Epelbaum, qui vivait au 19, cité Dupont à Paris. Le 29 octobre 1936, il arrivait par bateau en Espagne. Il servit au sein du bataillon André Marty de la 12e BI, dans la cavalerie de la 45e division, puis au 1er bataillon de la 129e BI. Il fut légèrement blessé. En 1937, il obtint une permission et retourna à Paris. Le 6 janvier 1938, il rentra en Espagne. Le 17 septembre, Blima Epelbaum donnait naissance à un fils, Joe.93
Au début de la section 7.3, il est indiqué qu’Ivàn Troïan se trouvait à Barcelone le 21 novembre 1938. Une raison impérieuse avait été nécessaire pour qu’il soit autorisé à quitter le camp de démobilisation pour ce voyage. Lui et Abraham Gelman avaient très probablement rendez-vous avec le consul de France. On peut supposer qu’au consulat, Ivàn Troïan apprit qu’il était interdit de séjour en France en raison de son activité politique lors de son précédent séjour. Abraham Gelman, quant à lui, s’est probablement vu refuser sa demande de rejoindre son fils Joé, et sa compagne Blima. L’impossibilité de retourner en France les privait de leur qualité de membre du PCF. Afin d’éviter d’être considérés comme sans affiliation politique, ils remplirent rapidement des demandes d’adhésion au PCE. Cela expliquerait pourquoi ils furent, parmi leurs camarades, les derniers à rejoindre ce parti. Une fois membre, Ivàn Troïan recommanda les lieutenants Ivàn Onichtchouck, membre du PCF depuis décembre 1936 qui arrivait d’Hayange, et Nikolay Ivànov, sans affiliation politique qui arrivait de Rombas. Ils remplirent leurs formulaires à Calella respectivement les 10 et 15 décembre 1938.94
Les renseignements sur Ivàn Troïan non datés, signés par Gustav [Szinda], responsable des cadres allemands de la Commission des cadres étrangers du Comité central du PCE, indiquent qu’Ivàn Troïan fut un instructeur d’armes très compétent, doté d’une grande clarté politique, très attentif aux questions politiques, entretenant de bonnes relations avec ses camarades et très actif dans le domaine culturel. Il y est également précisé qu’il avait de la famille en Union soviétique et qu’il voulait plus que tout retourner dans son pays natal.95 À peu près à la même époque, le bureau de la cellule du Parti communiste de groupe russo-balkanique à Calella, nota son activisme, son éducation politique, sa modération et son sens aigu des responsabilités, de la discipline et de l’honneur.96
[...]
Gustav Szinda arriva en Espagne le 30 octobre 1936. Affecté au bataillon Thälmann de la 12e BI, il fut nommé chef de section dans une compagnie de mitrailleuses. Le 10 novembre 1936, il partit pour le front avec la brigade. Le 12 novembre, le bataillon Thälmann entrait au combat à Los Ángeles. Blessé au septième jour de front, Gustav Szinda passa un mois à l’hôpital. De retour au bataillon, il servit comme soldat, pointeur de mitrailleuse, chaque section ayant son propre chef. Le 28 décembre, il devint chef de pièce. Le 6 janvier 1937, il fut promu sergent et chef de section. Un mois plus tard, il devint lieutenant adjoint au commandant de compagnie. Il commanda la compagnie lors des combats du Jarama. Le 28 février 1937, il fut nommé chef du 1er bataillon « Edgar André » avec le grade de mayor (commandant). Le 29 juillet 1937, il fut affecté à l’état-major de la 11e BI comme chef de la section des opérations. Le 8 août 1937, il devint chef d’état-major de la brigade. Le 2 septembre 1937, il fut blessé pour la deuxième fois près de Mediana. Hospitalisé à Benicàssim jusqu’au 13 octobre 1937, il devint responsable des cadres de la brigade. En janvier 1938, il fut rappelé par le Parti communiste allemand (PCA) pour travailler hors d’Espagne. Dans l’attente de son départ, il travailla à Barcelone dans la section de défense du PCA. Il retourna à la brigade le 9 mars 1938. Le 19 mars, il fut nommé commandant de la 11e BI. À compter du 1er avril 1938, il fut commandant adjoint de la 11e BI. Le 15 mai 1938, il fut muté à la commission des cadres étrangers du CC du PCE, pour y suivre les cadres allemands, autrichiens, néerlandais, danois, norvégiens et suédois. Le 30 janvier 1939, il fut grièvement blessé pour la troisième fois par des tirs de mitrailleuse, en Catalogne. Le 9 février 1939, il fut évacué clandestinement vers la France. Arrêté, il fut interné. Il s’évada du camp avec l’autorisation du Parti et entra dans la clandestinité jusqu’à son départ pour l’URSS en mars 1939, où il continua de gérer les mêmes dossiers jusqu’en octobre 1940.97
Après cela, il étudia à l’École supérieure du parti auprès du CC du Parti communiste de toute l’Union (bolcheviks) (VKP(b)).98
Après l’invasion de l’URSS par l’Allemagne en 1941, il combattit au sein d’un détachement de partisans soviétiques dans les marais de Prypiat99, en territoire soviétique occupé par les Allemands. De là, en décembre 1943, il se rendit à Berlin où il devait entrer en contact avec un résistant. Mais celui-ci avait été arrêté. Début 1945, Gustav Szinda rejoignit une unité de l’Armée rouge à vélo.100
Selon la page Wikipédia en langue allemande, de septembre à décembre 1945, il enseigna à l’école Antifa101 n° 12. De retour en Allemagne en janvier 1946, il travailla pour la police dans la zone d’occupation soviétique, puis, à partir d’avril 1946, pour le CC du Parti socialiste unifié d’Allemagne (SED), où il dirigea le département des affaires de sécurité de 1949 à 1951.
En 1951, il prit la tête du 1er département de quatre agents opérationnels de l’Institut de recherche économique (FMI), initialement chargé du contre-espionnage. Il prit ensuite la direction du renseignement économique pour les 2e et 3e départements du FMI. Après l’intégration du FMI au 15e département du Secrétariat d’État à la sécurité, Szinda devint chef du 4e département, chargé du renseignement économique, scientifique et technique.
À partir de 1958, il fut chef de l’administration de district du ministère de la Sécurité d’État dans le district de Neubrandenburg et membre de la direction de district du SED à Neubrandenburg. En 1964, il fut promu général de division et prit sa retraite en 1965.102
Le passage de la frontière franco-espagnole par les Brigades internationales démobilisées débuta le 7 février 1939,103 deux jours seulement avant sa fermeture.104 Ivàn Troïan fut interné dans un camp sur la plage près de Saint-Cyprien.105
Aux alentours du 26 février, le secrétaire du Parti de l’UAPS106, Vassiliy Kovalov107, apporta des formulaires de demande de retour dans son pays natal et du papier vierge pour des autobiographies et les fit passer à travers des barbelés à un groupe russophone d’apatrides dirigé par Boris Jouravlov108, qui comprenait Ivàn Troïan.109
Le 20 avril, les membres des BI et d’autres volontaires étrangers furent transportés de Saint-Cyprien au camp de Gurs.110
[...]
8.2.1. Compagnies de travailleurs espagnols
8.2.1.1. Entre le 30 avril et le 29 septembre 1939, 99 compagnies de travailleurs espagnols (CTE) furent créées en France, composées de réfugiés et d’anciens soldats de la République espagnole.111
Le 3 septembre 1939, la France déclarait la guerre à l’Allemagne. La mobilisation générale fut simultanément décrétée.112 Face à une grave pénurie de main-d’œuvre dans l’agriculture, sept compagnies de 200 travailleurs étrangers chacune furent constituées au camp de Gurs le 6 octobre 1939. Ces compagnies furent mises à la disposition des départements agricoles du Loiret (les 201e à 205e CTE) et de l’Yonne (les 206e et 207e CTE).113
Au total, 224 CTE furent créés (les 1re à 100e et 104e à 227e CTE).114 La dernière d’entre elles, la 227e CTE, fut formée le 10 avril 1940.115 À cette époque, la 76e CTE était dissoute et la 75e CTE était devenue une partie de la 74e.116 Chaque CTE devait être composée de 250 civils espagnols117 et de 41 militaires français : 1 officier, 6 sous-officiers, 34 caporaux et hommes de troupe118.
[...]
Ainsi, ces 224 compagnies devaient inclure 56 000 Espagnols et 9 184 Français.
D’après les données de la 1re section de l’État-major général du 25 avril 1940, 55 000 anciens miliciens espagnols furent affectés aux CTE,119 soit l’équivalent de 220 CTE complètes. Cependant, sept CTE, 201e à 207e, furent formées avec 200 hommes chacune. En soustrayant sept compagnies et les 1 400 hommes et en divisant 53 600 par 217, on obtient une moyenne de 247 hommes par CTE.
Fin de l'extrait gratuit. La version complète est disponible sur :
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1 Il y eut des camps séparés pour les civils et pour les prisonniers de guerre soviétiques. Le CCPS organisa la résistance dans les deux types de camps.
2 Pendant la période de l’occupation allemande, ceux qui se sont battus contre les occupants pour la libération de la France (les résistants) se nommaient patriotes.
3 Lettre de Kotchetkov A. N. à Klimenuk G. G. du 16 octobre 1960, Archives privées de Klimenuk G. G.
4 Il s’agit de communiqués provenant du Bureau d’information soviétique (Sovinformburo) pendant la Seconde Guerre mondiale.
5 Таскин В. К. [Taskine V. K.], Партизанский штаб действует [L’état-major des maquisards agit], О чем не говорилось в сводках [Ce qui n’a pas été dit dans les communiqués] : Воспоминания участников движения сопротивления [Souvenirs des résistants], Политическая литература [Éd. Littérature politique], Москва [Moscou], 1962, p. 420.
6 Laroche (Gaston), On les nommait des étrangers… (Les immigrés dans la Résistance), Éditeurs français réunis, Paris, 1965, p. 243.
7 Таскин В. К. [Taskine V. K.], С сознанием исполненного долга [Avec un sentiment du devoir rempli], Против общего врага : Советские люди во французском движении Сопротивления [Contre un ennemi commun : Le peuple soviétique dans la Résistance française], Наука [Éd. Science], Москва [Moscou] 1972, pp. 192-210.
8 En 1900, 61 000 personnes y vivaient, dont 40 000 petits propriétaires, citadins, artisans et ouvriers, 6 800 paysans et 6 500 militaires. Cf. История Таганрога [Histoire de Taganrog], Wikipédia russophone.
9 Autobiographie d’Iwan Troyan [d’Ivàn Troïan] du 26 août 1937, RGASPI, f. 495, op. 270, d. 7466, l. 7 et 7ob (pp. 1 et 2). Autobiographie d’Ivan Troyan [d’Ivàn Troïan] du 12 octobre 1938, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 651, l. 57 (p. 1). Autobiographie d’Iwan Troyan [d’Ivàn Troïan] du 3 décembre 1937, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 1555, l. 38-41 (pp. 1-4). Traduit de l’allemand par Jan Grabowski. (Où il est écrit qu’il est né à Taganrog (Russie).) Questionnaire biographique du militant Iwan Troyan [Ivàn Troïan] du 21 novembre 1938 pour obtenir une carte du PCE, ibid., l. 33 (p. 1). (Où il est écrit qu’il était Ukrainien et qu’il était né en Ukraine.)
10 Il s’agit de la Révolution d’octobre en Russie qui a lieu, selon le calendrier julien, dans la nuit du 25 octobre 1917.
11 L’ataman était un chef politique et militaire chez les Cosaques.
12 Histoire de Taganrog, op. cit. 3-я Киевская школа прапорщиков [3e école de Kiev pour la formation des sous-officiers], Wikipédia russophone. Гражданская война на Дону [Guerre civile sur le Don], Wikipédia russophone. Назаров, Анатолий Михайлович (генерал) [Nazarov, Anatoliy Mikhaïlovitch (général)], Wikipédia russophone.
13 L’une des armées blanches de la guerre civile russe.
14 Кутепов, Александр Павлович [Kutepov, Alexandre Pavlovitch], Wikipédia russophone. Histoire de Taganrog, op. cit.
15 Guerre civile sur le Don, op. cit. Потоцкий, Дмитрий Николаевич [Pototskiy, Dmitriy Nikolaevitch], Wikipédia russophone.
16 En 1928, Rostov et Nakhitchevan-sur-le-Don furent réunies pour former Rostov-sur-le-Don.
17 Il s’agit de détachements armés d’ouvriers à l’esprit révolutionnaire, créés au sein de grandes usines.
18 Guerre civile sur le Don, op. cit.
19 Ce yacht à voiles et moteur à vapeur avait été acheté à Londres en 1890 par le grand-duc Alexandre Mikhaïlovitch de Russie en vue de son projet de tour du monde. En juin 1913, le yacht Kolkhida rejoignit la flotte de la mer Noire comme navire de transmissions radio rattaché à l’état-major du commandant en chef de la flotte. Cf. Колхида (яхта, 1898) [Kolkhida (yacht, 1898)], Wikipédia russophone.
20 Les forces bolcheviks mises en déroute par l’ataman Kaledine, Le Matin, n° 12352 (22 décembre 1917), p. 3.
21 3e école de Kiev pour la formation des sous-officiers, op. cit.
22 Донецко-Криворожская советская республика [République soviétique de Donetsk–Krivoï Rog], Wikipédia russophone.
23 Деникин А. И. [Dénikine A. I.], Очерки русской смуты [Essais sur le Temps des troubles russe]. T. 2. J. Povolozky & Cie, Éditeurs, Paris, 1922, pp. 220-222. Soviet troops take Rostov, The New York herald, European edition, Paris, February 26, 1918, p. 1.
24 Histoire de Taganrog, op. cit. Украинская народная республика Советов [République populaire ukrainienne des Soviets], Wikipédia russophone.
25 Histoire de Taganrog, op. cit.
26 Дроздовский, Михаил Гордеевич [Drozdovskiy, Mikhaïl Gordeyevitch], Wikipédia russophone. Поход дроздовцев Яссы – Дон [La campagne des Drozdovites de Iași à Don], Wikipédia russophone.
27 L’avance allemande continue en Russie, Le Matin, n° 12491 (10 mai 1918), p. 3.
28 Красный десант (операция) [Débarquement rouge (opération)], Wikipédia russophone. Les opérations allemandes contre les bolcheviks, Le Matin, n° 12529 (17 juin 1918), p. 3.
29 Распад Австро-Венгрии [L’effondrement de l’Autriche-Hongrie], Wikipédia russophone. Компьенское перемирие (1918) [Armistice de Compiègne (1918)], Wikipédia russophone. Врангель П. Н. [Wrangel P. N.], Воспоминания [Mémoires], Вече, Moscou, 2016, p. 43.
30 Краснов П. [Krasnov P.], Всевеликое войско Донское [La Grande Armée du Don], Volkov S. V. (docteur en sciences historiques, compilation, édition scientifique, préface et commentaires), Донская армия в борьбе с большевиками [L’Armée du Don dans la lutte contre les bolcheviks], Центрполиграф, Moscou, 2004, p. 435.
31 Бои за Донбасс (январь – май 1919) [Batailles pour le Donbass (janvier – mai 1919)], Wikipédia russophone.
32 https://ru.wikipedia.org/wiki/Добровольческая_армия#/media/Файл:Denikin_poster.jpg.
33 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 26 août 1937, op. cit., l. 7ob (p. 2). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 12 octobre 1938, op. cit., l. 57 et 57ob (pp. 1 et 2). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 41 et 42 (pp. 4 et 5). Durant la guerre civile, les trains blindés furent activement utilisés par les deux camps opposés, et leurs actions déterminèrent parfois l’issue de la bataille.
34 Иоанн Калита (бронепоезд) [Ioann Kalita (train blindé)], Wikipédia russophone.
35 Вооружённые силы Юга России [Forces armées du Sud de la Russie], Wikipédia russophone. La date d’entrée à Louhansk (27 mai) est tirée de Batailles pour le Donbass (janvier – mai 1919)], op. cit. La date d’achèvement de l’opération au-delà de la rivière Manytch (21 mai) est tirée de Dénikine A. I., op. cit., T. 5, Медный Всадник, Berlin, 1926, p. 83), ce qui est un jour plus tard que dans Wrangel P. N., op. cit., p. 86.
36 Alexandrovsk s’appelle désormais Zaporijjia (Запоріжжя).
37 Ekaterinoslav s’appelle désormais Dnipropetrovsk (Дніпро).
38 Tsaritsyne s’appelle désormais Volgograd.
39 Synonyme de l’Armée blanche.
40 Ростислав (броненосец) [Rostislav (cuirassé)], Wikipédia russophone. Lors de l’évacuation de Sébastopol en avril 1919, les alliés anglo-français ont fait sauter ses machines à vapeur. Cf. Крымская эвакуация (1919) [Évacuation de Crimée (1919)], Wikipédia russophone. Lorsque Ivàn Troïan y servait, le Rostislav se trouvait probablement encore à Sébastopol. Il fut ensuite remorqué jusqu’à Kertch, où il défendit les accès au port et bombarda les positions soviétiques sur la péninsule de Taman. En novembre 1920, il fut sabordé dans le détroit. Cf. Rostislav (cuirassé), op. cit.
41 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 26 août 1937, op. cit., l. 7ob (p. 2). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 43 et 44 (pp. 6 et 7). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 12 octobre 1938, op. cit., l. 57ob (p. 2).
42 https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rostislav_battleship.jpg.
43 Wrangel P. N., op. cit., pp. 473-478. Врангель П. Н. [Wrangel P. N.], Записки [Notes], 2, Директ-Медиа, Moscou–Berlin, 2015, pp. 416, 418, 420, 424-426 et 429-431.
44 Depuis 1930, le nom international officiel de cette ville est Istanbul.
45 La Tisa, rivière d’Europe centrale, est le bras gauche et le plus long du Danube.
46 Une grande aciérie. En 1919, Halbergerhütte fusionna avec le groupe français de Pont-à-Mousson pour former une coentreprise. Cf. Halbergerhütte, Wikipédia en langue allemande.
47 Une ville située au sud de Sarrebruck, se trouve désormais à l’intérieur de ses limites territoriales.
48 Le territoire du bassin de la Sarre, qui fut administré par la Société des Nations de 1920 à 1935.
49 Probablement Saint-Germain-au-Mont-d’Or.
50 Maintenant appelée Ambérieu-en-Bugey (Ain).
51 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 44-54 (pp. 7-17). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 12 octobre 1938, op. cit., l. 57ob-58ob (pp. 2-4). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 26 août 1937, op. cit., l. 7ob et 8 (pp. 2 et 3). Dans la dernière, il raconte qu’en 1932, il a déposé une demande pour être transporté en URSS et jugé immédiatement. À l’été 1933, sa requête fut rejetée pour une période d’un an. La seconde fois, il n’eut pas le temps de la renouveler, car il s’était découvert un nouvel intérêt pour la vie.
52 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 26 août 1937, op. cit., l. 8 et 8ob (pp. 3 et 4). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 54 et 55 (pp. 17 et 18). Questionnaire biographique du militant Ivàn Troïan du 21 novembre 1938, op. cit., l. 33ob (p. 2).
53 Questionnaire biographique du militant Ivàn Troïan du 21 novembre 1938, op. cit., l. 33 (p. 1).
54 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 26 août 1937, op. cit., l. 8ob (p. 4). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 54 et 55 (pp. 17 et 18). À la page 19 (l. 56) de ce document, il écrivit : « De notre groupe de l’« U. de R.R. en France » (Совнарод), quatre camarades s’inscrivirent comme volontaires dans notre bureau à Paris, et des membres du PCF s’inscrivirent également dans leur comité local. » (Traduit de l’allemand par Jan Grabowski.) Autobiographie d’Ivàn Troïan du 12 octobre 1938, op. cit., l. 58 et 58ob (pp. 3 et 4).
55 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 26 août 1937, op. cit., l. 8ob (p. 4). Il dit : « Je devrais solliciter cette autorisation principalement auprès de l’association russe « Union de Rapatriement », car je n’avais occupé aucune fonction au sein du Parti communiste. »
56 Le préfet de la Moselle au ministre de l’Intérieur, le 6 novembre 1936, AN, 19940477/158, dossier 14990. N° 13300, le contrôleur général des Services de police administrative au directeur de la Police du territoire et des étrangers, le 13 novembre 1936, ibid.
57 Déclaration de l’Union de rapatriement du 16 janvier 1925, JORF, le 18 janvier 1925 (n° 15), p. 768. Renseignements sur l’Union de rapatriement, juillet 1933, AN, 20010216/282, dossier 12496, feuille 284 (p. 1). Les renseignements n° 15242 sur l’Union des candidats au rapatriement, le 18 décembre 1936, ibid, dossier 12482, feuille 37 (p. 1). Les renseignements du 27 avril 1937, ibid, dossier 12487, feuille 1. Renseignements sur l’Union des Amis de la Patrie Soviétique, juin 1937, AN, 19940500/224, dossier 3643 et 20010216/282, dossier 12486 (deux copies), p. 1. Déclaration de l’Union des Amis de la Patrie Soviétique du 16 avril 1937, JORF, le 12 mai 1937 (n° 109), p. 5199. Décret portant dissolution des organisations communistes, JORF, le 27 septembre 1939 (n° 232), p. 11770. Renseignements sur Véronique Lewinsky, née Sp[e]ngler, le 31 janvier 1941, APPP, 77 W 1554-48259.
58 Unión General de Trabajadores (Union générale des travailleurs).
59 Partido Socialista Unificado de Cataluña (Parti socialiste unifié de Catalogne). Il fut créé le 23 juillet 1936, suite à la fusion du Parti communiste de Catalogne et du Parti prolétarien de Catalogne, aux idéologies similaires, avec deux partis socialistes catalans. Le 24 juin 1939, le PSUC fut admis à l’IC.
60 José del Barrio Navarro, Wikipédia en espagnol.
61 Manuel Trueba, Wikipédia en espagnol.
62 Esteve Torres M. I., Los primeros voluntarios alemanes en la Guerra de España (julio – noviembre 1936) : Grupo Thälmann y Centuria Thälmann, Valencia, 2014, pp. 8-12. Columna Carlos Marx, Wikipédia en espagnol.
63 Esteve Torres M. I., op. cit., pp. 15, 19, 25 et 32.
64 Ibid., p. 20.
65 Ibid., pp. 25 et 26.
66 Ibid., pp. 48-50, 57-61, 63 et 108.
67 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 12 octobre 1938, op. cit., l. 58ob (p. 4). Questionnaire biographique du militant Ivàn Troïan du 21 novembre 1938, op. cit., l. 34ob (p. 4).
68 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 26 août 1937, op. cit., l. 8ob (p. 4). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 56 (p. 20).
69 Ibid., l. 57 (p. 22).
70 Ibid. Gaymann V. La constitution de la 12e brigade, RGASPI, f. 545, op. 2, d. 32, l. 33-36 et 40 (pp. 1-4 et 8). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 57 (p. 22).
71 Thälmann-Bataillon, Wikipédia en langue allemande.
72 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 57 et 58 (pp. 22 et 23). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 26 août 1937, op. cit., l. 8ob (p. 4). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 26 août 1937, op. cit., l. 7-8ob (pp. 1-4). Dans ce document, il expliquait son engagement dans l’Armée blanche en mai 1919 en évoquant la propagande à laquelle il avait été exposé au lycée.
73 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 41-43 (pp. 4-6).
74 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 58 (p. 23). Autobiographie d’Ivàn Troïan du 12 octobre 1938, op. cit., l. 58ob (p. 4).
75 Questionnaire biographique du militant Ivàn Troïan du 21 novembre 1938, op. cit., l. 34ob (p. 4).
76 Questionnaire de vérification des cadres du 1er juillet 1938, signé par Schacht, responsable du parti de la 11e BI, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 1555, l. 35. Questionnaire de vérification des cadres de 1938, signé par Drescher, responsable de cadres du train de combat, ibid., l. 37. Elles sont rédigées sur des formulaires identiques et, très probablement, en même temps.
77 El jefe del Gobierno español, doctor Negrín, presenta una proposición para la retirada de voluntarios [Le chef du gouvernement espagnol, le Dr Negrín, présente une proposition de retrait des volontaires], La Libertad, 22 de septiembre de 1938, p. 1.
78 Orden general para el día 1 de noviembre de 1938 [Ordre général pour la journée du 1er novembre 1938], RGASPI, f. 545, op. 3, d. 771, l. 2. El jefe y el comisario de guerra del centro de desmovilización de la 129 Brigada Internacional al camarada comisario inspector de las BI [Le chef et le commissaire de guerre du centre de démobilisation de la 129e B[rigade] i[nternationale] au camarade commissaire inspecteur des B[rigades] i[nternationales]], n° 650, Campdevànol, 14 de noviembre de 1938 [le 14 novembre 1938], RGASPI, f. 545, op. 3, d. 791, l. 1. El comisario delegado de guerra del centro de desmovilización de las BI n° 2, Ripoll [Le commissaire délégué de guerre du centre de démobilisation des BI n° 2, Ripoll], 3 de enero de 1939 [le 3 janvier 1939], con el sello del comandante jefe de la 15 Brigada Internacional [avec le sceau du commandant de la 15e BI], RGASPI, f. 545, op. 3, d. 772, l. 10. El comisario de guerra del centro n° 4 de desmovilización de la 11 Brigada al inspector general de las Brigadas Internacionales cam[arada] Luigi Gallo [Le commissaire de guerre du Centre de démobilisation n° 4 de la 11e Brigade [internacional] à l’inspecteur général des Brigades internationales, le cam[arade] Luigi Gallo], Bisaura de Ter, 18 de noviembre de 1938 [le 18 novembre 1938], RGASPI, f. 545, op. 3, d. 775, l. 8 et 9. El comisario del centro [de] desmovilización de la 12 Brigada Int[ernacional] [Le commissaire du centre [de] démobilisation de la 12e Brigade int[ernationale]], Torelló, 27 de noviembre de 1938 [le 27 novembre 1938], RGASPI, f. 545, op. 3, d. 778, l. 6. Orden circular del jefe del centro de desmovilización de las BI, Brigada Dombrowski [Ordre circulaire du chef du centre de démobilisation des BI, [13e] Brigade Dombrowski], Acantonamiento n° 6 [Cantonnement n° 6], 23 de noviembre de 1938 [le 23 novembre 1938], RGASPI, f. 545, op. 3, d. 781, l. 46. El comisario del centro de desmovilización de la 14 Brigada [Internacional] [Le commissaire du centre de démobilisation de la 14e Brigade [internationale]], Calella, 6 de noviembre de 1938 [le 6 novembre 1938], RGASPI, f. 545, op. 3, d. 786, l. 6.
79 Nómina correspondiente al mes de octubre [de] 1938 [Paie du mois d’octobre 1938], RGASPI, f. 545, op. 3, d. 784, l. 36ob. Nómina correspondiente al mes de noviembre de 1938 [Paie pour le mois de novembre 1938], ibid., l. 119.
80 Nómina correspondiente al mes de diciembre [de] 1938 [Paie du mois de décembre 1938], RGASPI, f. 545, op. 3, d. 789, l. 31.
81 La date du déménagement est basée sur le fait que le commissaire du camp n° 8 a rédigé le dernier rapport quotidien le 17 janvier 1939, RGASPI, f. 545, op. 3, d. 786, l. 62. Каталонская операция [Opération catalane], Wikipédia russophone. Dans le même temps, les camps n° 1, 2 et 4 à 6 ont également été fermés.
82 Kotchetkov (Alexis), Outre-Pyrénées, T&V Media, Forest Hills, 2019, ISBN 9781937124243, p. 175.
83 Paris a dignement fêté les héros de la liberté, L’Humanité, le 14 novembre 1938 (n° 14574), p. 2. Le retour des miliciens, Le Petit Parisien, le 14 novembre 1938 (n° 22538), p. 1.
84 Renseignements sur Iwan Troyan [Ivàn Troïan] du 13 novembre 1938, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 1555, l. 36-36ob.
85 Cf. la section 5.3.
86 Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 56ob (p. 21). (Dans ce document, Ivàn Troïan donnait l’adresse de son ami, le secrétaire du PCF Adolf Müller, à Amnéville.) Questionnaire biographique du militant Ivàn Troïan du 21 novembre 1938, op. cit., l. 33-34ob (pp. 1-4). Ces formulaires étaient remplis aussi bien par les non-communistes souhaitant adhérer au Parti communiste espagnol que par les membres de partis communistes frères souhaitant recevoir une carte de membre du Parti communiste espagnol pour l’année en cours. Autobiographie d’Ivàn Troïan du 3 décembre 1937, op. cit., l. 56ob.
87 Brigades internationales. Paie des commandants, officiers, sous-officiers et hommes du rang. La 11e Brigade mixte, Approvisionnement en munitions. Juillet 1938.
88 Brigades internationales. La 11e Brigade mixte, Approvisionnement en munitions. Paie des primes perçues au cours du mois de juillet 1938.
89 Paie des commandants, officiers, sous-officiers et hommes du rang, la 11e Brigade mixte, Approvisionnement en munitions, juillet 1938, RGASPI, f. 545, op. 3, d. 76, l. 272. La 11e Brigade mixte, Approvisionnement en munitions, Paie des primes perçues au cours du mois de juillet 1938, RGASPI, f. 545, op. 3, d. 76, l. 276. Carte du PCE de 1937 d’Albino Kynas, lieutenant de la 11e BI, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 1579, l. 46-48.
90 RGASPI, f. 545, op. 6, d. 1541, l. 23-24ob, 26-27ob, 55-56ob, 77, 77ob, 79-80ob, 94-95ob et 111-112ob, d. 1542, l. 33-34ob et 46-47ob, d. 1544, l. 13-14ob, 25-26ob, 27, 27ob, 52 et 52ob, d. 1545, l. 3, 3ob, 24-25ob et 31-32ob, d. 1546, l. 5-6ob, 20-21, 32-33ob, 55-56ob et 57-58ob, d. 1547, l. 84-85ob, 91 et 91ob, d. 1548, l. 15-16ob, 17-18ob, 32-33ob, 39-40ob, 57 et 57ob, d. 1549, l. 12-13ob, 23-24ob, 25, 25ob, 45-46ob, 52-55ob, 69-70ob, 77, 77ob et 85-86ob, d. 1550, l. 2-3ob, d. 1551, l. 6-7ob, 16-17ob, 22, 22ob, 39 et 40ob, d. 1552, l. 2-3ob, 6-7ob, 16-17ob, 19, 19ob et 27-28ob, d. 1553, l. 20-21ob, 45, 45ob, 50-51ob, 61, 61ob, 57, 57ob, 59 et 59ob, d. 1554, l. 4, 4ob, 1-2ob, 10-11ob, 16, 16ob, 36-39ob, 48-49ob et 55-56ob, d. 1555, l. 11-13ob et 33-34ob, d. 1556, l. 7-8ob et 12-13ob. Fiche d’interné Abraham Geiman [Gelman], AD09, 5W 435. Fiche d’interné Abraham Gelman, ibid.
91 RGASPI, f. 545, op. 2, d. 293, l. 3, op. 6, d. 35, 36, 43, 235, 350, 536, 539, 564, 604, 606, 650, 651, 653, 654, 656-660, 662-673, 675-677, 701, 702, 705, 773, 783, 839, 1538-1556, 1602.
92 En 1954, elle fut rebaptisée Khmelnitskiy.
93 Questionnaire biographique du militant Abraham Gelman, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 1544, l. 13-14ob. Pétition d’Abraham Gelman, ibid., l. 16. Georges Cogniot au ministre de l’Intérieur, le 20 mai 1939, AN, 19940448/130, dossier 11395. Renseignements sur Blima Epelbaum, avril 1939, ibid. Entradas de voluntarios del día 6 enero 1938 vía Massanet, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 36, l. 7.
94 Questionnaire biographique du militant Nikolai Ivanof [Nikolay Ivànov] du 15 décembre 1938, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 1545, l. 31ob et 32ob (pp. 2 et 4). Questionnaire biographique du militant Jean Onychtchouck du 10 décembre 1938, ibid., d. 1551, l. 6ob et 7ob (pp. 2 et 4). Autobiographie d’Ivàn Moïsseyevitch Onichtchouck-Kharkov, ibid., l. 9ob (p. 2).
95 Renseignements sur Ivan Trojan [Ivàn Troïan] non datés, signés par Gustav [Szinda], responsable des cadres allemands de la Commission des cadres étrangers du CC du PCE, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 1555, l. 59.
96 Renseignements sur Ivan Troyan [Ivàn Troïan] non datés du bureau de la cellule du Parti communiste de groupe russo-balkanique à Calella, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 1555, l. 60.
97 André Marty, Renseignements sur major [commandant] Gustav Szinda, le 11 janvier 1941, RGASPI, f. 545, op. 6, d. 395, l. 51-53.
98 Szinda, Gustav, Bundesarchiv (https://www.bundesarchiv.de/glossar/detail/szinda-gustav, date de visionnage : 2.7.2025).
99 Ils sont situés en partie en Ukraine et en partie en Biélorussie.
100 Sakowski (Helmut), Das Leben eines Revolutionärs : Gustav Szinda erinnert sich, Offizin Andersen Nexö, Leipzig, 1989, pp. 63-65. Traduit de l’allemand par Jan Grabowski.
101 Abréviation désignant les écoles du Front antifasciste créées pendant la Seconde Guerre mondiale à l’initiative de l’IC pour les prisonniers de guerre allemands en Union soviétique.
102 Gustav Szinda, Wikipédia en langue allemande (https://de.Wikipédia.org/wiki/Gustav_Szinda).
103 Les passages au Perthus et un encombrement inextricable à Cerbère, Le Petit Parisien, le 8 février 1939 (n° 22624), p. 3.
104 Retirada, Wikipédia.
105 Kotchetkov (Alexis), Derrière les barbelés, T&V Media, Forest Hills, 2019, ISBN 9781937124250, p. 15.
106 Cf. la section 5.4.
107 En russe : Ковалёв.
108 En russe : Журавлёв.
109 Kotchetkov A., Outre-Pyrénées, op. cit., pp. 147 et 148. Kotchetkov A., Derrière les barbelés, op. cit., pp. 14-19. Informe suplementario [Rapport supplémentaire] n° 5 du 27 février 1939, RGASPI, f. 545, op. 4, d. 1a, l. 90 et 91. Il dit que les formulaires contenaient onze questions aux demandeurs et une question à la direction clandestine du camp. Comme Kovalov avait transmis les formulaires directement au groupe d’apatrides, la direction clandestine du camp n’en eut connaissance qu’une fois ceux-ci remplis. Elle ordonna de les conserver le temps de vérifier qu’ils avaient été autorisés par le Parti.
110 Kotchetkov A., Derrière les barbelés, op. cit., pp. 21, 23 et 32. Préfet des Pyrénées-Orientales au ministre de l’Intérieur, le 20 juillet 1939, AN, 19940448/130, dossier 11395. La construction du camp de Gurs a débuté le 15 mars et s’est achevée le 25 avril 1939. Durant cette période, 428 baraquements et autres installations ont été construits. Du 5 avril au 10 mai, 18 985 personnes y ont été amenées, dont des membres des Brigades internationales d’Argelès[-sur-Mer] et de Saint-Cyprien. Cf. Peschanski (Denis), Les camps français d’internement (1938-1946), Doctorat d’État, Histoire, Université Panthéon-Sorbonne – Paris I, 2000, pp. 56 et 57.
111 Affectation et stationnement des compagnies de travailleurs espagnols à la date du 1er mars 1940 : Liste n° 2520 du 11 mars 1940, SHD, GR 34 N 375, pp. 1-4.
112 Mobilisation française de 1939, Wikipédia.
113 Liste n° 2520 du 11 mars 1940, op. cit., p. 9.
114 Ibid., pp. 1-9. Affectation et stationnement des compagnies de travailleurs espagnols : Rectificatif et additif à la liste parue le 11 mars 1940 sous le n° 2520, SHD, GR 34 N 375. 1re à 50e CTE, SHD, GR 34 N 376. 51e à 125e CTE, SHD, GR 34 N 377. 126e à 227e CTE, SHD, GR 34 N 378.
115 Rectificatif et additif à la liste n° 2520, op. cit.
116 75e et 76e CTE, SHD, GR 34 N 377.
117 N° 1542, Le président du Conseil, ministre de la Défense nationale et de la Guerre, au général commandant la 16e région, le 12 janvier 1940, SHD, GR 34 N 375.
118 N° 191/C, Réorganisation du plan de garde du territoire et remaniement du 82e RR, le 15 mars 1940, SHD, GR 34 N 378, 142e CTE.
119 Peschanski D., op. cit., p. 230.